5 conseils
pour ouvrir une école de langue

Depuis la pandémie de COVID, les écoles de langues françaises sont fragilisées. La demande n'a pas disparu. Mais de nouveaux acteurs ont désormais pignon sur rue. Et ils ne sont pas nécessairement français. Et encore moins en présentiel, avec une offre pédagogique "traditionnelle". L'argent du CPF est aussi de plus en plus vécu comme aléatoire. Les règles changent chaque année. Peut-on compter dessus ? Certaines écoles de langue ont très bien tiré leur épingle du jeu. D'autres ont disparu. Faut-il encore créer son école de langue ?

Étape 1

Bien cibler la clientèle de l'école de langue


Quel type de clientèle ?

Il existe de multiples types de clientèle pour les écoles de langue. La plupart des belles réussites dans ce secteur sont spécialisées sur un créneau.

  • Les professionnels (formation professionnelle continue)
  • Les particuliers, les étudiants
  • Les demandeurs d'emploi
  • Les adolescents
  • Les enfants

Seule exception notable. Les écoles généralistes dans les "déserts de formation à l'anglais". Mais ces déserts sont de plus en plus rares.

Chacune de ces clientèles est spécifique. Chacune a son niveau de départ, ses enjeux, son profil d'apprenant, ses objectifs, ses budgets, ses modalités de financement, ses échéances, ses impératifs horaires... Certaines ont recours au CPF (Compte Personnel de Formation), d'autres pas. Certaines nécessitent une préparation Linguaskill ou TOEIC. Nous constatons que le modèle généraliste a vécu. Quel sera votre créneau ? Quels seront vos Unique Selling Points sur ce créneau ?

 

Les recommandations

Étudier son marché et créer son école de langue en ciblant une catégorie de clientèles spécifique. Identifier un créneau sur lequel vous avez de réels atouts. Et qui n'est pas trop encombré. Ne pas tenter d'ouvrir la 37ème école de langue généraliste, unipersonnelle et "à l'ancienne" sur un marché saturé.

Étape 2
Une vraie méthode


Il suffisait dans les années 1980 d'ouvrir son école de langues, de montrer qu'on était sympathique et anglophone. Les clients affluaient sans problème. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Intelligence Artificielle, cours de conversation, plateforme en ligne de grands éditeurs, blended learning, plateformes de SRS (staged repetition services), apprentissage de l'anglais avec les séries...  La concurrence met en avant de réels savoir-faire. Une vraie spécificité. Vous vous devez de faire pareil.

 

Quelles sont les meilleures méthodes ?

La pédagogie des langues (de l'anglais) est un secteur qui a fait l'objet d'énormément de recherches dans le monde universitaire. Logique, ce sont de gros marchés, d'immenses enjeux sociétaux. Néanmoins, ces recherches sont en grande partie ignorées par les écoles de langue. Des pseudo "méthodes" sont inventées, renommées, réinventées presque tous les jours. Le monde des applis et de l'Intelligence Artificielle n'échappe pas à ce biais. Certaines des applis très à la mode ont recours à des schémas pédagogiques désuets et inefficaces. Dans le choix de la méthode utilisée, vous devez conjuguer plusieurs facteurs.

Visibilité et reconnaissance par le public. Vos prospects vont-ils vouloir apprendre comme ça ?
Efficacité réelle. Vos stagiaires auront-ils des résultats comme ça ?
Potentiel de mobilisation des stagiaires. Seront-ils fiers de leurs résultats. Parleront-ils de vous autour d'eux.
Rentabilité. Quelles seront les conséquence de la méthode sur votre compte d'exploitation ?

Il faut savoir que la majorité des Français a déjà subi 600 heures d'anglais ou plus dans les systèmes scolaires et universitaires. S'ils n'ont pas réussi malgré cela, ils s'inscriront dans votre école, non pas par amour de l'anglais, mais parce qu'ils s'y sentent obligés. Tenez-en compte. 

Étape 3

Rendre l'école de langue visible


Quelles sont les choses à faire pour rendre visible son école ?

Il est peu probable que vous soyez seul sur votre marché. Pensez donc à rendre votre école de langues visible. La visibilité résulte de 4 paramètres qu'il faut savoir doser:

  • L'emplacement. Voulez-vous travailler à proximité de vos clients B2B dans une zone industrielle ? Dans une boutique bien visible en centre ville pour les clients particuliers ? L'emplacement doit être cohérent avec la clientèle.
  • Les réseaux et relations publiques. Qui seront vos prescripteurs ? Les gens qui ont confience en vous et qui vous enverront des stagiaires ? Avez-vous un réseau parmi les conseillers de Pôle Emploi ? Parmi les DRH en entreprise ?
  • Internet. C'est le premier endroit où l'on va pour chercher son prestataire de formation. Google, pagesjaunes, YouTube, instagram, TikTok, sites spécialisés. Savez-vous référencer une page internet ? Rendre votre site visible ?
  • L'action commerciale. Flyer, affiches, brochures, tractage, films au cinéma, salons professionnels...

 Seules les très grandes enseignes réussissent à agir sur tous ces canaux simultanément. Mais les youtubers ont démontré qu'il suffit de réussir exceptionnellement bien sur un seul pour avoir un auditoire.

Le conseil

L'essentiel sera d'être cohérent avec votre cible. N'allez pas dans une zone industrielle pour viser une clientèle de particuliers...

Étape 4

Penser à la rentabilité

 

La rentabilité des écoles de langue est en moyenne basse, comme le montrent les études de marché Linguaid. Les marges unitaires sont faibles. Les paiements sont souvent longtemps après la fin des formations (CPF, OPCA). Les pédagogues ont plus souvent un grand cœur qu'un sens avéré des affaires.

Un simple prof d'anglais sur SuperProf peut faire l'impasse sur un vrai calcul de rentabilité. Mais c'est impossible pour un directeur d'école. Impossible de simplement naviguer à vue. D'estimer que, parce qu'on fait une marge de 50%, on gagnera fatalement de l'argent. Au fil des années, nous avons été consultés par de nombreux pros qui avaient monté leur école de langue à la va-vite. Et qui ont dû jeter l'éponge, parce qu'ils perdaient de l'argent, malgré un développement commercial satisfaisant.

 

Étape 5

Penser d'entrée de jeu aux procédures administratives

 

Omniprésent dans la formation professionnelle continue, l'administratif n'a rien de sorcier mais il se doit d'être rigoureux. Car les organismes financeurs ne tolèrent pas les à peu près et exigent des comptes précis (accompagnés de feuilles d'émargement, lesquelles ont été précédés de devis, de conventions de formation, de programmes détaillés, de PIF (Plans Individuels de Formation), d'attestations de rentrée en stage, etc. Et si cela ne suffisait pas, il faut désormais que les nouvelles écoles de langues déposent un dossier DATADOCK pour être homologuées par les financeurs...

Rien de compliqué en soi, de la petite mécanique qu'on peut gérer sans problème avec un bon CRM (logiciel de suivi des clients). Mais difficile pour les nouveaux entrants de générer tout ces documents ex-nihilo. 

 

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